Entretien avec Bruno Patrice, contrôleur de gestion au Siredom


Bruno Patrice vient de prendre ses fonctions au sein du Siredom où lui a été confié le poste de contrôleur de gestion. Il aborde avec nous son parcours et les missions qui lui ont été confiées.

Pourriez-vous décrire votre parcours avant de rejoindre le Siredom ?

 

J’ai une petite expérience dans les collectivités territoriales puisque dans ce cadre, en 1993 à Rouen, j’ai participé à la mise en place des collectes sélectives. Toujours dans la même collectivité territoriale j’ai ensuite travaillé sur la partie gestion de ce que l’on n’appelait pas encore un centre de tri mais un centre d’analyse. Il s’agissait d’expérimenter divers équipements et modes de collecte pour permettre un tri optimum des matériaux. Ensuite en 2001, j’ai rejoint la Semardel ce qui m’est apparue comme la continuité de mon travail de service public, l’entité étant une société d’économie mixte.

 

J’y ai travaillé sur deux missions essentielles : le contrôle de gestion (8ans) et l’administration des ventes sur la valorisation (8ans). J’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour de ce dernier poste, et j’ai alors voulu trouver un nouveau challenge. J’avais le désir de changer et de retrouver la fonction publique territoriale car la notion de « service public » est quelque chose de fortement ancré en moi. C’est ce qui m’a amené vers le Siredom. Il y a beaucoup de choses à y faire, le poste de contrôle de gestion y est intéressant. Cela me permet d’élargir ma palette des connaissances puisque je redécouvre l’ADN des collectivités, ce qui diffère de ce que je faisais auparavant, comme par exemple l’aspect comptable (comptabilité M14 qui m’est inconnu) ou les modes de fonctionnement/décisionnel.

 

En quoi consistent les missions qui vous ont été confiées au sein du Siredom ?

 

J’ai deux missions qui sont liées étroitement : l’une de contrôle de gestion et la seconde étant plus tournée vers les outils métiers. 

Le contrôle de gestion vise à la maîtrise de la conduite de l’organisation en prévoyant les évènements et en s’adaptant à l’évolution de celle-ci. Cela passe par la définition d’objectifs [Prévoir], la comparaison des performances passées et futures [Mesurer] et apporter les corrections [Agir].

Le contrôle de gestion est à l’interface des différents métiers, aussi bien sur l’exploitation que les parties transverses / supports. J’aime bien imager les choses, alors je dirai qu’Etre contrôleur de gestion c’est un peu comme être un archéologue. Il va venir avec son pinceau, va gratter un peu partout, comprendre comment tout ça fonctionne, quels sont les rouages.

 

En finalité, je dirai que le contrôleur de gestion doit s’assurer que les ressources de la structure soient employées efficacement en tenant compte de la vision stratégique et tactique de la Direction.

Pour prendre un exemple, avec Eco-Emballages nous passons du Barème E au barème F pour les reversements des soutiens financiers. Cela va fortement impacter les collectivités et modifier les mécaniques de calculs. Et ce mode de calcul qui auparavant ne changeait pas pendant 6 ans va maintenant évoluer tous les ans. La mission du contrôleur de gestion va donc consister à mesurer les écarts entre les deux barèmes. Il s’agit de voir quelles sont les marges de manœuvre dont dispose le Siredom. Va-t-on gagner ou perdre de l’argent ? Quels sont nos points forts ou points faibles ? Comment peut-on ressortir de ce changement de barème plus fort ? Quels sont nos axes d’amélioration possible ? Il va donc s’agir de faire ressortir les éléments qui vont nous permettre de progresser, de grandir, d’avancer dans le bon sens.

Pour ce qui est de la notion d’outils métiers, le contrôle de gestion consiste également à la conception et l’exploitations d’outils. Le Siredom étant en phase d’évolution, les outils utilisés par les collaborateurs sont eux aussi amenés à changer. Le système de pilotage doit permettre d’obtenir une vision concrète et précise des choses à l’instant « T ». Développer des outils qui vont répondre à l’attente de la direction et des responsables opérationnels fait également partie de la mission du contrôleur de gestion.  Pour un Contrôleur de Gestion, un bon outils doit permettre d’obtenir une expertise pointue dans les domaines de compétence recherchés. L’expertise que je souhaite amener dans ce domaine doit nous permettre d’améliorer nos outils de mesure (tableaux de bord, indicateurs…), et donc la maîtrise de notre environnement.

 

Quelles sont les qualités requises pour faire du contrôle de gestion ?

 

Capacité d'analyse et de synthèse, esprit critique, capacité d'organisation et de planification, un bon relationnel, indépendance sont pour moi les mots clés. Il faut surtout aimer les chiffres.

 

Dans le cadre de votre mission, vous êtes amené à solliciter des informations auprès de l’ensemble des services de la collectivité. N’est-ce pas de nature à créer des appréhensions chez vos collègues ?

 

Oui, le contrôleur de gestion peut parfois apparaître comme celui qui va embêter les employés dans l’entreprise en leur posant sans cesse des questions et cela peut être vécu comme une surveillance. Evidemment, le but n’est pas de surveiller les personnes mais juste d’améliorer les processus, pour nous aider à grandir tous ensemble et en finalité nous permettre de véhiculer à l’extérieur une image de professionnel.