Interview d'Anne Thibault, Vice-Présidente en charge de la prévention des déchets au Siredom


Qu'est ce que la prévention des déchets?

 

Il s'agit de toutes les mesures que l’on peut mettre en place pour limiter la production des déchets en amont, et de diminuer ainsi les volumes de nos poubelles. Cela passe notamment par de l’information aux usagers, sur les consignes de tri. Cette communication doit être constante et régulière, c’est primordiale. Les élus de notre syndicat doivent transmettre ces informations auprès de tous les autres élus. Les Communes, les Communautés de Communes, d’agglomérations sont un relai essentiel, via les délégués de notre syndicat. Nous devons tous nous investir dans cette mission pour expliquer les nouvelles consignes car si le tri est bien fait nous bénéficions de subvention ce qui permet de faire baisser le coût de traitement .

 

Pour ce qui est du Siredom nous avons une équipe de Conseiller Prévention et Tri des déchets qui font de la communication de proximité. Étant donné qu’il sont peu nombreux, nous faisons du cas par cas pour cibler leurs actions.

 

 

Quelles sont nos actions en ce domaine ?

 

Il y a un travail fait au niveau des collèges, des lycées, et des écoles primaires sur la thématique des déchets de cantine. La récupération des bio-déchets va être mis en place par le syndicat à titre expérimental. En partenariat avec la région, le département, et la communauté d'agglomération Grand paris Sud 5 lycées, 5 collèges, et 5 écoles primaires ont été retenus et vont y participer. 

 

Projet "Bien manger au lycée" au lycée Jean Monnet de Juvisy/Orge en mai 2016

A titre d’exemple sur la thématique gaspillage alimentaire, l’année dernière une expérimentation a eu lieu au lycée Jean Monnet de Juvisy/Orge ("Bien manger au lycée"). Il y a eu une forte implication de l’établissement. Les lycéens ont travaillé en groupe pour proposer à leurs collègues un repas sans déchets. Différents groupes ont élaboré un repas type, puis l’un de ces menus a été sélectionné et a été proposé à la cantine pour 100 élèves. Le groupe a cuisiné lui même ce repas, en lien avec les personnels de cuisine. C’était un très beau projet et tout le monde était ravi. Il faut relancer ce type d’initiative qui permet aux jeunes de vraiment se rendre compte qu’il est possible d’éviter de gaspiller, de l’élaboration du repas à la manière dont on utilise tout les ingrédients en faisant la cuisine.

 

Il y a l’opération « 200 gâtinaises pour réduire les déchets» qui a permis à 200 foyers d’adopter un couple de poules. Une poule consommant entre 130 et 150 kilos de déchets par an ce sont autant de résidus en moins qui vont à la poubelle. Cette opération est un grand succès. Nous en sommes à la deuxième cession, et il est probable qu’il y en ait une troisième car nous n’avons pu satisfaire toutes les demandes d’adoption. D’autre part cela a permis de rapprocher les adoptant qui sont souvent restés en contact pour partager leurs pratiques. Pour les habitants qui payent le traitement des leurs déchets via une redevance, c’est un coût en moins. Quant aux enfants des adoptants, ils sont ravis de voir les poules dans leur vie quotidienne, d'aller ramasser les œufs et de les manger.  Ce type d’opération, comme la mise en place de jardins familiaux, de composteur dans certaines résidences permettent de créer du lien. 

 

Distribution de poulailler à l'occasion de l'opération "200 gatinaises pour réduire les déchets" - découvrir l'opération en vidéo.

On peut également citer la prévention au niveau des déchets encombrants dont nous souhaitons favoriser le recyclage via les ressourceries recycleries. Il y a aussi le ramassage des vêtements dont on peut souhaiter que les communes favorisent la collecte via les bornes associatives. Cela représente un tonnage important qui peut-être recyclé ou réutilisé et dont la collecte ne coûte rien aux communes car cela est géré par les associations. Comme pour les collectes de piles dans les Mairies ce qui évite des pollutions importantes et sont pris en charge par les éco-organismes.

 

Enfin on peut évoquer aussi les chantiers Brigades Sud Francilienne pour l’Enlèvement et le recyclage. Même si quelques jeunes sont réticents au départ à l’idée de ramasser des déchets sauvages, tous finissent très motivés. Ils se rendent compte que c’est un travail intéressant, qui rend service à la commune, et cela change leur regard sur les déchets. Ils sont très fiers d’œœuvrer pour la collectivité et c’est un moment privilégié pour faire passer le message sur la prévention des déchets.

 

Le but de ces actions de prévention, c’est évidemment d’éviter au maximum de jeter. Car au delà de l’aspect écologique, c’est aussi un coût important. Cela permet aussi à nos administrés de faire des économies.

 

Comment associons nous les collectivités adhérentes et communes?

 

Inauguration d'une plateforme de compostage partagé à Soisy/Seine en présence de Monsieur Ferrand pour I3F partenaire de l'opération, de Monsieur Faurian de l'association "Entre Jardins" et Monsieur Meder, Adjoint au Maire de Soisy/Seine - Mars 2017.

Nous sommes en train de mettre en oeuvre des « fiches actions » sur la question de la prévention, et parmi celles-ci il y a une objectif d’harmoniser la communication sur les 140 communes adhérentes. Il faut un message unique. Dans cette optique, il est toujours intéressant de regarder ce que d’autres communes ont fait, et de mutualiser les bonnes pratiques et le retour d’expérience de chacun. C’est primordial pour avancer et réactiver nos actions et notre communication. Il faut toujours pouvoir s’améliorer. L’enjeu c’est de chercher l’adhésion de nos administrés, d’arriver à pénétrer dans les foyers.

 

Elles proposent des actions en direction des entreprises privées également, et sur les déchèteries pour les rapprocher des communes et des entreprises via les chambres de commerce. Il s’agit de faire en sorte que l’on ne retrouve plus le long des routes des dépôts sauvages de toutes sortes.

 

En densifiant les réseaux des éco-centres, on évite aussi des trajets en voiture ou en camions qui sont sources de pollution. Il faut aussi que ces éco-centres soient en mesure d’accueillir tous les producteurs de déchets car de plus en plus de matière sont recyclables, il faut pouvoir les récupérer et les envoyer vers les filières adaptées pour être revalorisés. C’est ainsi que nous irons vers une économie circulaire. Le zéro déchet, c’est une belle idée, mais il y a encore du travail avant d'atteindre cet objectif.  C’est dans cette direction que nous tendons. Cela passe aussi par la future réduction des emballages que nous voyons encore trop souvent et qui coûte cher au consommateur.

 

Quelles sont nos actions à venir?

 

Il y a encore un travail a effectuer pour que l’extension des consignes de tri à l’ensemble des emballages plastiques soit respecté sur toutes les communes. Certaines sont vertueuses depuis le 1er octobre 2016, notamment dans les communes rurales. D’autres n'ont pas suffisamment communiqué.

 

A l’avenir ce sont les projets dans les écoles qui seront décisifs. Car travailler avec les enfants cela permet d’impliquer les parents et de voir changer les comportements.